Plusieurs drogues très dangereuses s’échangent actuellement en Suisse. Une association lance un appel à la vigilance avant la Lake Parade.

On les appelle Chill Pill, Arc-en-ciel, Super Mario, ou encore Thumbs Up . Les noms de ces psychotropes, interdits, sont une invitation à la détente ou à la fête. Pourtant, les deux premiers sont reliés à plusieurs décès survenus dernièrement en Europe. Les deux autres ont des effets totalement inconnus sur la santé. Ces drogues de synthèse, deux ersatz de LSD et deux substituts d’ecstasy, ont été repérées à Zurich entre fin mai et fin juin, lors de séances de drug checking (voir encadré). Elles font l’objet d’une alerte émise par l’association Nuit Blanche?, qui encadre et sensibilise les fêtards dans leur consommation d’alcool ou de stupéfiants. Inquiétant, à deux jours de la Lake Parade.

«Nous ne voulons pas crier au loup, mais nous restons extrêmement vigilants, indique la coordinatrice, Roxane Morger. Nous n’avons pas rencontré ces produits en Suisse romande pour le moment, mais s’ils ont été observés à Zurich, il est très probable qu’ils soient présents à Genève ou à Lausanne.» Pendant la manifestation, qui a attiré 200’000 fans d’electro l’an passé, Nuit Blanche? proposera aux consommateurs de comparer les substances qu’ils souhaitent absorber avec une base de données. Ils pourront également se reposer et boire gratuitement eau et jus de fruits dans un espace spécialement aménagé.

La police, elle, sera sur le qui-vive. Les recherches de drogue ne seront pas systématiques, mais les flagrants délits seront punis.

Tester la qualité des produits

Depuis 2001, les fêtards zurichois ont accès à un laboratoire mobile qui analyse la qualité de la substance qu’ils s’apprêtent à prendre. «Le Drug Checking permet de déterminer le principe actif présent dans un produit, ainsi que sa concentration. Ça permet, en lançant des alertes, de prévenir les surdoses et tout autre danger mortel», explique Roxane Morger. C’est aussi un moyen pour les associations de prévention d’entrer en contact avec des consommateurs. A Genève, une demande pour instaurer pareil dispositif avait été rejetée par le procureur général en 2006. Nuit Blanche? planche sur une nouvelle demande auprès des autorités.

Source : 20 minutes, 9 juillet 2014 (tpi)