Drug Checking à Genève

Cette fois c’est officiel, Genève aura son propre dispositif d’analyse de substances psychotropes (Drug Checking) !

Après une première expérience positive dans le cadre de la Lake Sensation 2017 et en attente de toutes les autorisations, l’action Nuit blanche? de Première ligne espère pouvoir proposer prochainement à Genève un service de Drug Checking, en collaboration avec le Laboratoire du Pharmacien cantonal de Berne, le collectif Safer Dance Swiss, le Service d’addictologie des HUG et le Laboratoire du Centre Universitaire Romand de Médecine Légale (CURML).

Les objectifs de ce dispositif sont multiples. Il s’agit, d’une part, de réduire les risques sanitaires, en informant les consommateurs de la présence de substances hautement dosées, aux composantes inattendues et donc potentiellement dangereuses. D’autre part, l’objectif est de faciliter l’accès à un public de consommateurs qui ne fréquente habituellement pas les offres de soins et de soutien, ainsi repérer les éventuelles consommations problématiques et faciliter les relais en cas de besoin. Ce dispositif permettra d’alimenter la base de données du système d’alertes précoces, consultable en ligne, et par conséquent contribuer au monitorage des données relatives aux substances en circulation sur le marché.

Concrètement, qu’est-ce-qui est proposé au public ? Un service totalement anonyme et gratuit, dans le cadre duquel le consommateur peut faire analyser un échantillon de sa substance tout en bénéficiant d’une consultation individuelle. Les substances analysées regroupent essentiellement des produits consommés de manière récréative et en milieu festif (cocaïne, ecstasy, amphétamines, LSD et nouveaux produits de synthèses). La récolte des échantillons et la communication des résultats se font dans le cadre d’un entretien-conseil mené par un professionnel.

De telles offres existent depuis plus de quinze ans en Suisse alémanique et démontrent des résultats probants, notamment une diminution des comportements à risques et une meilleure gestion de la consommation.

La cocaïne diminue le plaisir des interactions sociales

Manque d’empathie, désintérêt pour autrui, les troubles de la sociabilité sont fréquents chez les cocaïnomanes. Une étude suisse montre que l’usage régulier de drogue perturbe le fonctionnement de certains groupes de neurones.

De la dépression à la paranoïa, les effets psychiques de la cocaïne sont nombreux. Sans présenter des troubles aussi sévères, nombre de consommateurs réguliers démontrent des perturbations comportementales, surtout dans le cadre de leurs interactions sociales. En plus des conséquences sur leurs relations, ce déficit relationnel peut aussi nuire à l’efficacité des thérapies cognitives. Dans une étude publiée lundi dans la revue PNAS, des chercheurs zurichois montrent à quel point interagir avec autrui procure moins de plaisir aux cocaïnomanes qu’aux non-consommateurs.

«C’est au fil de discussions avec nos collègues addictologues que nous avons décidé de lancer cette étude, dit Katrin Preller, psychologue à l’Université de Zurich et auteure de l’étude. Ils relevaient souvent, à propos des patients cocaïnomanes, un manque d’intérêt plus ou moins marqué pour les relations sociales.» Une indifférence, parfois un manque d’empathie, remarqués aussi par les proches de personnes dépendantes, et qui peuvent représenter un fardeau supplémentaire pour les familles.

«Toutes les addictions se caractérisent par une diminution progressive de l’intérêt pour ce qui se passe autour de soi, et finalement pour autrui, souligne Daniele Zullino, chef du Service d’addictologie aux Hôpitaux universitaires de Genève. Mais la cocaïne est connue pour avoir des effets très sévères sur la sociabilité.» Ce phénomène d’isolement se retrouve même chez les rats de laboratoire mis en présence de cocaïne. «Petit à petit, alors que normalement ces rongeurs jouent et passent leurs journées les uns avec les autres, ils ne vont plus se préoccuper que de trouver de la drogue.»

Pour expliquer ces troubles du comportement, l’équipe emmenée par Boris Quednow a proposé à 80 consommateurs réguliers de cocaïne de se prêter à des tests comportementaux sur ordinateurs. Elle a ensuite comparé leurs réponses à celles de 63 volontaires non consommateurs.

Habituellement, partager une tâche procure plus de plaisir que de s’y consacrer seul. Au cours de l’expérience, les sujets devaient réaliser un exercice dit «d’attention partagée». Les paramètres recueillis montrent que chez les cocaïnomanes, le partage n’est pas plus valorisé que la réalisation de la tâche de manière individuelle. «Chez ces personnes tout semble se passer comme si l’interaction ne procurait pas de plaisir», résume Katrin Preller.

Le sentiment de bien-être que procure l’interaction avec une personne ou un groupe, en agissant comme une «récompense», renforce et favorise les comportements sociaux. La cocaïne, en annihilant ce plaisir, rendrait les interactions inutiles. «La motivation pour aller vers l’autre disparaît puisqu’elle ne provoque rien de plus que ce que l’on a déjà seul», dit Katrin Preller.

Ces différences comportementales pourraient être liées, en partie du moins, à une différence de fonctionnalité entre le cerveau des cocaïnomanes et celui des volontaires. En utilisant l’IRM fonctionnelle, les chercheurs ont pu observer chez 16 personnes de chacune des deux catégories comment le cerveau traitait les informations lors de la réalisation des tâches d’attention partagée. Leurs résultats montrent que certains circuits neuronaux du cortex médian orbito-frontal sont bien moins activés chez les consommateurs de cocaïne. Or cette région du cerveau, située derrière le front, est connue pour jouer un rôle majeur dans les processus cognitifs. «En situation d’interaction sociale, les ­cocaïnomanes présentent une sous-activation des microcircuits neuronaux liés à la récompense, ce qui explique qu’ils n’en retirent pas un sentiment particulier de bien-être», dit Katrin Preller.

Une étude publiée récemment dans la revue JAMA Psychiatry a aussi mis en évidence un effet néfaste de la cocaïne sur le fonctionnement de neurones impliqués dans le contrôle des émotions, la conscience de soi et des autres. Par ailleurs, la quantité de matière grise dans cette région du cortex était moindre chez les consommateurs de drogue. «Ces études appuient expérimentalement ce que nous observons dans le comportement des patients, et surtout elles soulignent l’importance d’intégrer dans les prises en charge des approches qui aident les patients à réapprendre la sociabilité», conclut Daniele Zullino.

21 janvier 2014
Le Temps – Stéphany Gardier

La problématique des nouveaux produits de synthèse (NPS)

SWAPS n° 72 – Pistes – 28 pages – 3ème trimestre 2013

Pourquoi revenir dans cette 72e livraison de Swaps sur la problématique des nouveaux produits de synthèse (NPS), déjà objet d’un numéro culte de Swaps (n° 67) consacré à la partie la plus émergée du problème et sans doute la plus hypertrophiée, le SLAM? Au point même d’y consacrer l’essentiel de ce numéro, si l’on exclut le copieux compte rendu par Olivier Doubre de la 23e conférence internationale sur la réduction des risques, sise en la capitale lituanienne et nos pages d’actualités scientifiques.

D’abord, parce que le phénomène des NPS pose des questions essentielles que nous avons tenté, avec l’aide de Magali Martinez et Vincent Benso, de mettre en perspective. Bien au-delà des effets de mode ou d’émergence. Pour certaines, ces questions sont ancestrales, à l’instar des liaisons dangereuses qu’entretiennent drogues et chimie industrielle dont Alexandre Marchant nous retrace le fil historique. Avec ce vieil adage cher aux dealers de LSD puis à d’autres par la suite : si cela vient de l’industrie pharmaceutique, a fortiori suisse, cela ne peut être qu’un «bon produit». «En Suisse, on n’attrape jamais de maladie, seulement des médicaments» disait Coluche.

Ensuite, parce que l’ère des NPS soulève la question de l’observation des pratiques de consommation et des produits. Le développement sur le Net et les réseaux sociaux d’une offre multiforme et sans cesse en adaptation aux lois censées les interdire met à mal les outils actuels de mesure. C’est devant un tel constat qu’est né le projet I-Trend, outils intégrés pour la recherche en Europe sur les nouvelles drogues, coordonné par l’OFDT. Dans le sillage se pose aussi la question de la congruence entre l’interdiction opposée assez illusoirement à l’offre de telle ou telle NPS sur le Net et l’objectif qui est d’en limiter la diffusion. Et les témoignages de Vincent Benso attestent combien la facilité de diffusion et de commande —sans tiers— sur la toile, associée à des publicités habillées (engrais, nourritures animales, sels de bain, etc.) rend illusoire tout contrôle.

C’est précisément de cette complexité-là dont rend compte ce nouveau numéro de Swaps. Avec sans doute l’idée, en filigrane, d’une cyber réduction des risques qui reste à construire.

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Drogues de synthèse en libre accès

 

Vendus sur le Net, échappant parfois à la législation et responsables d’effets imprévisibles, les stupéfiants synthétiques inquiètent. La consommation reste limitée, mais le nombre de molécules sur le marché suisse est en augmentation.

«Sels de bain», «mélanges d’épices» et autres «désodorisants» seraient en train d’envahir le marché. Une situation qui inquiète médecins et autorités douanières. Car ce ne sont pas de simples produits de supermarché dont il est question, mais bien de stupéfiants, les «nouvelles drogues de synthèse». L’administration fédérale a révélé il y a quelques jours avoir réalisé en 2011 une saisie de 150 kg de ces produits. Depuis, le problème ne cesse de croître, et des nouvelles molécules ont débarqué sur le marché par dizaines. Ecstasy, cocaïne et cannabis seraient-ils en passe d’être remplacés par ces nouvelles drogues dont la composition chimique évolue sans cesse, leur permettant de souvent passer au travers des mailles du filet législatif?

Une étude menée en 2011 par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) avait permis de recenser, rien que sur le Web francophone, une trentaine de sites vendant des psycho¬stimulants de synthèse. Les sites en langue anglaise démultiplient encore les sources d’approvisionnement.

Aujourd’hui, une rapide expérience montre qu’il suffit de taper 4-MEC ou 4-methylmethcathinone dans un moteur de recherche et de cliquer sur le premier résultat pour arriver sur un site qui ressemble très fortement au portail de vente des grands groupes de produits chimiques. Le 4-MEC apparaît sous la dénomination «research chemicals», ce qui porte à croire que c’est un produit destiné à l’industrie ou aux laboratoires de recherche. Or le 4-MEC est une des drogues les plus dangereuses actuellement sur le marché. Elle a notamment fait parler d’elle en juillet 2012, quand un homme sous l’emprise de cette drogue avait dévoré le visage d’un sans-abri aux Etats-Unis.

Et c’est là tout le paradoxe de ces molécules. Alors que leurs effets peuvent être bien plus puissants que ceux des drogues «classiques», s’en procurer est un jeu d’enfant. Le comble étant que l’achat peut selon les cas se faire en toute légalité! Une faille à laquelle sont confrontés tous les pays. «Le phénomène des drogues de synthèse n’a pris de l’ampleur en Europe que récemment, souligne Stefanie Widmer, porte-parole de l’Administration fédérale des douanes (AFD). De fait, jusqu’à il y a peu, les stupéfiants synthétiques n’étaient pas explicitement interdits dans la législation suisse.» Le problème a été depuis pris en compte et la loi sur les stupéfiants révisée. En décembre 2011, 52 substances et 7 dérivés ont été soumis à la loi sur les stupéfiants. Fin 2012, 46 nouvelles substances, apparues en cours d’année, ont été ajoutées.

Pour garder un temps d’avance sur les autorités, les chimistes qui produisent ces drogues synthétiques modulent en permanence leur composition. Si la structure chimique ne correspond pas exactement à une drogue recensée par la loi, le produit est de fait légal. Selon l’OFDT, depuis 2010, une nouvelle substance serait identifiée par mois. Une situation qui a amené certains pays à prendre les devants en inscrivant dans la loi toute nouvelle substance ainsi que tous les produits qui pourraient en être dérivés.

Le Bureau des Nations unies sur les drogues et la criminalité relève qu’aux Etats-Unis ces stupéfiants «légaux» sont à l’origine de plus de décès que l’héroïne et la cocaïne. La situation reste pour le moment moins alarmante en Suisse et en Europe. Les intoxications liées directement aux drogues de synthèse seraient peu nombreuses selon l’OFDT. Le dernier rapport de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) sur le monitorage des addictions en Suisse ne note pas de modification majeure des stupéfiants consommés. Après le cannabis, c’est la cocaïne qui reste la drogue la plus consommée, avec une légère augmentation par rapport à l’année précédente.

Une situation confirmée par les services médicaux en charge des personnes dépendantes. «Nous n’avons pas observé de recrudescence de cas d’intoxication ou de dépendance aux drogues de synthèse, confirme Barbara Broers, médecin responsable de l’Unité des dépendances des Hôpitaux universitaires genevois. Mais il ne faut pour autant pas sous-estimer le problème, car ces stupéfiants sont souvent vus comme récréatifs, et peuvent donner envie «d’essayer pour voir». Or on ne sait absolument pas ce qu’il y a dedans!»

Censées mimer les effets de la cocaïne, du cannabis, du khat ou des amphétamines, ces drogues de synthèse s’apparentent dans les faits à de véritables billets de loterie. «C’est à se demander si les fabricants eux-mêmes savent ce qu’ils mettent dedans. C’est de l’expérimentation humaine, prévient Barbara Broers. Et, surtout, les molécules synthétiques sont bien plus puissantes que leurs analogues naturels.» Le cas du 4-MEC, qui contient des cathinones, la molécule active du khat, est un bon exemple. «Sans vouloir minimiser l’effet de cette drogue, il faut rappeler que la consommation de khat est à l’origine en Afrique une pratique culturelle. Il y a des effets stimulants certes, mais c’est comme comparer le fait de mâcher des feuilles de coca et sniffer des rails de cocaïne!» Le cas est similaire pour les cannabinoïdes synthétiques. Les molécules se lient aux mêmes récepteurs que la substance présente dans le cannabis naturel (THC) mais avec une affinité pouvant être 200 fois supérieure.

«Les psychostimulants synthétiques sont pour la plupart des dérivés des amphétamines, de l’ecstasy ou de la cocaïne, relève Christian Lüscher, professeur en neurobiologie à l’Université de Genève. Ils agissent sur les mêmes structures cérébrales et perturbent le recyclage de la dopamine.» Après avoir été libérée, cette substance est habituellement recaptée par les neurones. Bloquer ce recyclage permet à la dopamine de rester active plus longtemps, ce qui provoque les effets psychostimulants recherchés. Mais c’est aussi le processus responsable du caractère addictif de ces produits. «Si on connaît le mécanisme d’action de ces drogues synthétiques, on ne sait rien de la rapidité et de l’intensité de leurs effets, c’est en cela qu’elles sont redoutables», conclut Christian Lüscher.

06.12.2013
Le Temps – Par Stéphany Gardier

L’alcool: drogue festive numéro un indétrônable

Cinq questions à Alexander Bücheli

Alexander Bücheli est le responsable suppléant du service de consultation à la jeunesse Streetwork. Au nom du réseau national de compétences «Safer Nightlife Schweiz» il répond aux questions sur la prévention des dépendances dans les clubs et le milieu festif suisses.

Quels sont les principaux changements intervenus dans la vie nocturne ces dix dernières années ?

La vie nocturne est de plus en plus importante. De véritables quartiers dédiés aux soirées sont apparus dans les villes. Le comportement a changé aussi. La plupart du temps, les noctambules commencent la soirée au restaurant ou dans un bar avant d’aller en boîte ou à une fête. C’est-à-dire que la fête démarre plus tard et se prolonge jusqu’à l’aube. Ceux qui n’ont pas les moyens d’aller au restaurant ou dans un bar se retrouvent dans la rue dans les quartiers de vie nocturne. Pour les jeunes, faire la fête est aujourd’hui la principale activité de loisirs collectifs.

Quelles sont les conséquences de ces nouvelles habitudes sur la consommation de drogues ?

L’alcool est et reste la drogue festive numéro un. La consommation d’alcool est plus visible du fait que les jeunes fêtards se tiennent davantage dans l’espace public avant d’aller en boite. Par ailleurs, l’allongement de la durée des soirées a entraîné une augmentation de la consommation d’alcool et des substances qui maintiennent éveillé. En revanche, le nombre de consommateurs et celui des différentes substances consommées sont restés stables. Depuis des années, le cannabis, l’ecstasy, les amphétamines comme le speed et la cocaïne sont les substances les plus consommées. Les différences varient en fonction des tendances du moment. Par exemple, très prisée ces dernières années, la cocaïne est désormais remplacée par l’ecstasy et les amphétamines. Ce sont surtout des substances bien connues qui sont consommées. Les nouvelles substances psychoactives, les «drogues d’Internet» ne le sont que par une minorité, souvent en privé, et touchent rarement un cercle de consommateurs plus large.

Comment la prévention est-elle pratiquée dans la vie nocturne, et avec quel objectif ?

Il s’agit généralement de conseil. L’objectif est d’empêcher autant que possible que les jeunes qui font la fête aient à souffrir d’effets durablement négatifs de cette phase festive de leur vie. Il existe des offres comme «Be my angel», un programme de prévention alcool, drogues et sécurité routière basé sur le concept du conducteur sobre qui ramène ses amis à la fin de la soirée. Pour les substances illégales, les objectifs sont la réduction des dommages, la gestion des risques et l’incitation à un processus d’autoréflexion qui doit conduire à une consommation à faible risque ou à l’abstinence. La communication porte sur des faits, des messages de prévention et de réduction des dommages individuels et comporte des mises en garde contre des excipients ou des dosages élevés de substances illégales. La plupart du temps, des stands sont dressés sur place dans les clubs et lors des festivals. Toutes les informations et les conseils existent aussi en ligne sur des sites dédiés à des groupes spécifiques. Les différents projets régionaux travaillent en étroite collaboration. C’est ainsi qu’est né, par exemple, le projet interrégional «Safer Dance Swiss» spécialisé dans la prévention multilingue en milieu festif. En 2011, le réseau de compétences national interdisciplinaire «Safe Nightlife Suisse» a été créé pour soutenir les services spécialisés régionaux dans leurs efforts. De même, le label de qualité «Safer Clubbing» repose sur la coopération entre des clubs, des spécialistes de la prévention et d’autres parties prenantes.

Les effets de la prévention sont-ils sensibles ?

Oui. A Zurich par exemple, les consommateurs sont mieux informés des risques de la consommation de substances qu’il y a encore dix ans. Cela est sans doute imputable au «drug checking» avec consultation que Zurich propose depuis douze ans et qui est très utilisé. De même, la consommation mixte particulièrement problématique a reculé de 20% ces dix dernières années. La combinaison d’information, de conseil individuel et d’analyse de substances répond manifestement aux besoins des personnes qui consomment des drogues principalement dans la vie nocturne. Nous avons constaté que des faits analytiques et scientifiques ont davantage d’effet que les messages de pure prévention. De plus, les résultats des analyses et des données issues des drug checking permettent d’identifier précocement des tendances et de prendre les éventuelles mesures nécessaires.

Comment voyez-vous l’avenir ?

La vie nocturne ne changera pas fondamentalement. L’alcool restera la drogue festive numéro un. Si la Suisse est bien placée en matière de prévention et de réduction des dommages dans la vie nocturne, les efforts doivent désormais porter sur l’extension régionale d’offres de drug checking à bas seuil et sur la mise en place d’un système national de détection précoce des substances.

Spectra N°100 – Septembre 2013 – OFSP

Nouveaux produits de synthèse et Internet

Tendances n° 84 – OFDT – 8 pages -  Janvier 2013

Apparues aux alentours de 2008, les appellations « nouveaux produits de synthèse » (NPS) ou « nouvelles substances psychoactives » désignent un éventail hétérogène de substances qui imitent les effets de différents produits illicites (ecstasy, amphétamines, cocaïne, cannabis, etc.). Des termes génériques anglo-saxons tels que designer drugs, research chemicals (RC) et legal highs, qui font respectivement allusion au caractère d’imitation des produits, à leur nature synthétique ou à leur statut légal, sont également utilisés.

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Nouveau matériel de réduction des risques : Safer Sniffing

Les risques liés au partage de matériel pour sniffer sont souvent sous-estimés. Entre consommateurs, le partage de pailles ou de billets est un rituel fréquent bien qu’il puisse favoriser la transmission du virus de l’hépatite C et la diffusion de bactéries à l’origine d’infections possibles.

Pour tenter d’apporter réponse à cette problématique, les partenaires nationaux actifs sur la scène Nightlife, www.danno.ch; www.raveitsafe.ch; www.saferparty.ch; www.nuit-blanche.ch; www.trans-at.ch ont réalisé du matériel informatif pour porter l’attention sur les risques liés au partage de matériel pour sniffer ainsi que des post-it que les consommateurs peuvent utiliser comme paille à usage unique.

 

Règles de Safer Sniffing :

  • Le risque lié au partage de matériel de sniff comme les pailles ou les billets de banque est souvent sous-estimé (p. ex. transmission de l’hépatite C).
  • Utilise ton propre matériel de sniff !
  • Renonce à l’usage de billets de banque et fais attention à la surface sur laquelle tu sniffes : risque d’infection bactérienne.
  • Réduis ton produit en une poudre aussi fine que possible et sois prudent avec le dosage.
  • Après la consommation, rince le nez avec une solution d’eau et de sel marin.
  • Si ton nez brûle ou saigne, évite de consommer !